[Intro] [Le piano joue seul, avec de longues pauses entre les accords.] [Verse 1] Je suis née un dimanche au fond de la cuisine, Sous une lampe trop blanche et l’odeur de térébenthine. Ta main tremblait un peu sur la première ligne, Puis l’encre a pris son cours, régulière et digne. Tu as écrit « pardon », tu as barré « reviens », Tu as cherché trois heures comment renouer le lien. À l’aube tu m’as pliée sans relire la fin, Puis cachée sous les clés, dans le dernier tiroir. [Chorus] Je suis la lettre dans le manteau, Les mots trop tard, les mots de trop. Je porte un amour que tu n’as pas porté, Une vérité écrite, jamais prononcée. Je suis la lettre dans le manteau, Près de ton cœur — mais loin de sa peau. [Verse 2] J’ai dormi des saisons sous des factures grises, Près d’une vieille photo que le soleil déguise. J’entendais dans la pièce ton téléphone sonner, Puis ta voix retenir ce qu’elle voulait donner. Ce soir tu m’as reprise avec des doigts pressés, Comme si quelques phrases pouvaient tout traverser. La pluie gagne mes bords à travers le tissu, Je sens que tu hésites entre demain et l’oubli. [Chorus] Je suis la lettre dans le manteau, Les mots trop tard, les mots de trop. Je porte un amour que tu n’as pas porté, Une vérité écrite, jamais prononcée. Je suis la lettre dans le manteau, Près de ton cœur — mais loin de sa peau. [Instrumental Break] [Le violoncelle chante le motif descendant tandis que les balais entrent presque imperceptiblement.] [Bridge] Ne fais pas de moi une preuve de courage, Le papier ne répare ni l’absence ni l’âge. Ne me donne pas le rôle de changer son choix, Je peux dire ce que tu fus — pas décider pour toi. [Final Chorus] Je suis la lettre dans le manteau, Ni talisman, ni dernier mot. Je porte un amour que tu peux regarder, Sans l’utiliser pour la faire retourner. Je suis la lettre dans le manteau, Un aveu vrai — mais venu trop tôt [Reprise] Pour rester sous silence, trop tard pour faire loi, Assez vivant pourtant pour t’éclairer sur toi. [Outro] Garde-moi jusqu’à l’aube, Mais ne me confonds plus Avec la main que tu n’as pas tendue.